Postacrd from the Road | Yves | De Bakou à Khorramabad

Salaam à tous,

L’Iran !

Je vais avoir du mal à trouver les mots, comme ça, à chaud, pour vous décrire un pays où le voyage est d’une intensité folle et a pris une nouvelle dimension !

piste-de-paveh-les-freins-chauffent

Bon, commençons par le début : belle traversée de l’Azerbaïdjan iranien, la province turcophone du nord, entre hautes montagnes arides et vallées fertiles, jusqu’à Tabriz la capitale régionale. Tout de suite l’accueil, la soif de contacts, les gens qui s’arrêtent pour prendre de mes nouvelles, savoir où je vais, d’où je viens, m’inviter pour un thé ou me remplir mes sacoches de fruits ( Ah ! le raisin d’ici ! ). 

Ayant déjà sillonné le pays pendant près de 3 mois en 1998 j’ai décidé de prendre l’itinéraire le plus à l’ouest possible en zone principalement kurde, région où je ne suis jamais allé.

N’ayant pu entrer au Kurdistan irakien pour des questions de visa j’ai décidé de le-col-a-2200-m-avant-la-descente-prodigieuse-vers-howraman-frontiere-iran-irak-kurdistanpoursuivre ici, au Kurdistan iranien ( les Kurdes vivent entre les 2 pays, et au-delà même, en Turquie et en Syrie ) et je ne regrette pas ce changement de cap tant la route fut prodigieusement belle.

Pour ceux et celles d’entre vous qui connaissent le Haut Atlas marocain, le Tadjikistan ou le nord du Pakistan vous y êtes !

Les montagnes qui occupent tout le ciel, les vallées en contrebas, les villages accrochés aux pentes raides et les routes et les pistes qui tournoient dans cet espace.

Avec en plus cet accueil absolument incroyable et désarmant de sincérité : des dizaines d’invitations quotidiennes auxquelles il faut essayer de répondre, ces familles qui font tout pour m’avoir à leur table, ces commerçants qui refusent obstinément tout paiement, ces femmes qui me sourient et me saluent ( une rareté en Iran ), ces enfants qui viennent me voir et me font la bise ( la tradition ), ces vieux enturbannés qui plantent leur voiture pour prendre un selfie avec moi… Une hospitalité hors norme pour un peuple hors norme, fier de ses traditions, de sa culture et de sa langue.

J’en suis sorti un peu abasourdi tant cela semblait irréel.

J’ai dû aussi user de trésors de diplomatie pour pouvoir me sortir de tant d’assauts de azerbaidjan-diranbienveillance : si j’avais répondu à toutes ces sollicitations mon voyage se serait interrompu dès le premier village.

L’euphorie et la liesse générales sont un peu retombées depuis mais la route reste tout de même très agréable avec ces actes de gentillesse spontanée, ces bergers qui viennent me voir au bivouac le soir pour faire un brin de causette, ces nomades qui commencent à descendre de leurs montagnes pour s’installer dans les vallées, ces belles couleurs d’automne et ce thé chaud qui réchauffe les tripes au petit matin.

Je fais une brève pause ici à Khorramabad où j’espère obtenir demain une prolongation de visa qui me permettrait d’atteindre les rivages du Golfe Persique entièrement à vélo.

A bientôt pour d’autres nouvelles.

Khoda Negahdar.

Yves.

piste-de-paveh-les-freins-chauffent piste-de-paveh-ce-vieux-kurde-va-me-chercher-mon-the-chez-lui le-col-a-2200-m-avant-la-descente-prodigieuse-vers-howraman-frontiere-iran-irak-kurdistan reparation-des-sacoches-chez-le-couturie-cordonnier-marivan-kurdistan chez-nacer-a-baneh-kurdistan le-grand-bazar-de-tabriz-une-pure-merveille vendeurs-de-pomme-pres-dahar-azerbaidjan-diran azerbaidjan-diran

 

1. Azerbaïdjan d’Iran.

2. Vendeurs de pomme près d’Ahar. Azerbaïdjan d’Iran.

3. Le Grand Bazar de Tabriz, une pure merveille.

4. Chez Nacer à Baneh. Kurdistan.

5. Réparation des sacoches chez le couturier/cordonnier. Marivan, Kurdistan.

6. Le col à 2200 m avant la descente prodigieuse vers Howraman. Frontière Iran-Irak, Kurdistan.

7. Piste de Paveh. Ce vieux kurde va me chercher mon thé chez lui.

8. Piste de Paveh, les freins chauffent.

Leave a Reply