Postcard from Yves: Chypre et au Liban

Bonjour à tous,

Je suis de retour en Turquie depuis hier soir.

Je viens de passer le mois de juillet à rouler à Chypre et au Liban.cycling-the-world-lebanon-yves-perisse-5

J’étais déjà allé dans la partie nord de Chypre sous occupation turque en 1994.

A l’époque la ” frontière ” qui sépare l’île ( plutôt la ligne de démarcation où les deux armées se font toujours face ) était infranchissable.

Depuis l’accession de la partie sud grecque à l’Union Européenne des points de passage ont été ouverts et j’en ai profité pour m’y promener.

L’intérieur de l’île très montagneux m’a beaucoup plu, il n’est pas sans rappeler la Corse : petites routes en lacets entre pins maritimes, pins noirs, vignobles, vergers et petits villages très calmes accrochés aux flancs des vallées.

Ce massif du Troodos qui constitue l’épine dorsale de l’île culmine à près de 2000 m, j’y suis resté le plus longtemps possible pour trouver un peu de fraîcheur, la canicule sévissant sur la côte très touristique et urbanisée.

J’ai passé pas mal de temps à Nicosie aussi. Petite capitale attachante où les Croisés, les Ottomans et les Vénitiens ont laissé de nombreux édifices, tous plus ou moins remaniés.

La ” Ligne Verte ” qui sépare la ville en deux est toujours impressionnante à voir, l’armée turque et l’armée grecque se font face et s’épient à quelques mètres l’une de l’autre et les Nations Unies gèrent la Zone Tampon au milieu.

Un nouveau bateau m’a amené vers ce Liban dont je rêvais depuis longtemps n’ayant pu y aller lors de ma traversée du Proche-Orient en 1994.

Ces 15 jours passés au Pays du Cèdre furent très instructifs et très intenses.
Les conditions de voyage ne furent pas simples entre fortes chaleurs, trafic très dense presque partout, montées et descentes très raides et situation sécuritaire assez tendue.

Le Liban subit de plein fouet la crise syrienne avec des centaines de milliers de réfugiés qui y ont trouvé refuge ( s’ajoutant aux Palestiniens installés de longue date ) et l’interférence des Grandes Puissances de la région qui y jouent leur carte et empêchent l’élection d’un président depuis 2 ans.

Le Liban est un navire sans capitaine…

J’ai suivi la côte sale et polluée jusqu’à Saida, via Beyrouth, ville moderne pleine d’énergie et fascinante.

Je suis ensuite allé en montagne en passant pas la région druze du Chouf avant de descendre dans la plaine de la Bekaa. J’ai dû passer énormément de check-points, la frontière syrienne n’étant qu’à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau.

De retour sur le flanc ouest de la chaîne de la montagne libanaise principalement chrétienne ( maronite ) je suis resté le plus en altitude possible.

Route de funambule avec des vues prodigieuses dans ces gorges calcaires parsemées d’oliveraies, de noyers et de vergers de pommiers. Les célèbres cèdres, que j’ai vus à trois reprises, sont plus en altitude, entre 1500 et 2000 m.

J’ai clôturé ma randonnée à Tripoli, une ville sunnite au passé récent assez troublé. Le vieux souk parsemé d’édifices islamiques ottomans et dominé par sa citadelle m’a beaucoup rappelé Alep en Syrie.

Les Libanais, d’une manière générale, sont assez réservés. Cela tient certainement à leur histoire récente où la méfiance envers l’étranger s’est peu à peu installée.

Arriver quelque part en vélo, presque partout dans le monde, suffit à déclencher la discussion. Pas au Liban.

Il m’a souvent fallu faire le premier pas et présenter mon voyage dans ce pays sans bicyclette où tout le monde conduit, conduit, et si possible pied au plancher !

Voilà en quelques mots un résumé de ce dernier mois de voyage.

Je vais entamer prochainement ma nouvelle diagonale turque, en espérant que la situation politique se stabilise un peu.

J’ai en ligne de mire la frontière turco-géorgienne, au bord de la Mer Noire, à 1500 kms.

Bises à tous,

Yves.

1. Village de l’intérieur de Chypre. Les treilles sont omniprésentes et magnifiques.
2. Massif du Troodos. Chypre.
3. Port de Tasucu, Turquie. A droite mon bateau pour Chypre, à gauche pour le Liban.
4. Downtown Beyrouth. Les gars pêchent à même les égouts…
5. Souk de Saida. Réfugiés syriens.
6. Col de Tarchiche. Bivouac avec lever de pleine lune sur Zahlé et la plaine de la Bekaa en contrebas, et la frontière libano-syrienne qui la domine.
7. Réserve des Cèdres de Tanourine.
8. Bscharré et la vallée de la Qadisha dominées par le sommet du Mont Liban.